Drame de Clichy sous Bois : l’enquête est close

Trois ans et demi après les faits, l’enquête est close dans l’affaire de morts électrocutés le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) après une course-poursuite avec la police, déclenchant trois semaines d’émeutes dans les banlieues, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

    « Le juge a rendu une ordonnance de fin d’instruction. Cela signifie que le juge d’instruction en charge du dossier estime qu’il n’y a plus d’investigations à conduire ou nécessaires pour la manifestation de la vérité », a précisé cette source, confirmant une information du quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France.

    Les parties disposent désormais d’un délai de trois mois pour présenter soit de nouvelles observations, soit demander des actes supplémentaires, a-t-on indiqué de même source.    Au terme de ce délai, le parquet de Bobigny doit présenter ses réquisitions: soit il décide un non-lieu, soit il demande le renvoi des policiers mis en cause devant le tribunal correctionnel.    Muhittin Altun, un troisième jeune alors âgé de 17 ans, qui s’était aussi réfugié dans le transformateur EDF avec Zyed et Bouna, avait subi de graves brûlures.    Deux policiers ont été mis en examen en février 2007 pour non-assistance à personne en danger. Ce drame avait été à l’origine de trois semaines d’émeutes dans les banlieues.

    Début juillet, les juges d’instruction Claire d’Urso et Marc Sommerer, en charge du dossier, ont de nouveau auditionné les deux policiers mis en examen et Muhittin Altun, a ajouté la même source judiciaire.

Monsieur le Président, n’oubliez pas Salah !

                                                                                                                       Tribune libre

Monsieur le Président de la République,   

 4 ans déjà… 4 ans que Salah purge une peine de prison dont on a bien du mal à cerner les raisons quand on réside de facto dans un pays où l’on applique le principe de la présomption d’innocence.

Salah aussi est Français, et il doit se demander pourquoi son pays, le chantre des droits de l’Homme, ne fait rien pour lui et le laisse dépérir en prison pour un crime dont non seulement il n’est pas l’auteur, mais qui au-delà n’a jamais eu lieu.

Etre passé en voiture devant le domicile d’un rabbin ultra orthodoxe, voilà ce qu’ « On » reproche à Salah Hamouri ; et comme, sur dénonciation anonyme, il est supposé sans preuve appartenir au FPLP, « On » suppose que cet acte ne pouvait qu’être dû à la préparation d’un futur attentat. Nous disons « On » car nous parlons d’une armée d’occupation installée sur le territoire palestinien en toute illégalité, et dont pourtant la France a accepté tacitement les jugements arbitraires émis sur des non-actes de terrorisme potentiel !

Salah a été condamné à 7 ans de prison alors qu’aucun fait ni aucune preuve ne sont venus étayer l’accusation dont il est l’objet. Il s’est résigné au « plaider coupable, ce qui ne signifie pas qu’il soit coupable. Le procureur du tribunal militaire a en effet utilisé la malheureusement classique procédure du marchandage : 7 ans s’il plaidait coupable ou sinon beaucoup plus. Devant l’immobilisme de son pays, Salah a évidemment accepté, par bon sens dans une telle situation pour un jeune homme de 20 ans, comme d’ailleurs 95% des prisonniers palestiniens.

Nous ne revenons pas sur l’acceptation de ce faux procès par la France, nous ne revenons pas sur l’inertie de la diplomatie française ; mais le 26 juillet prochain est une date que l’on ne peut pas manquer pour Salah. Ce jour là va être examinée la possibilité d’une libération anticipée pour notre compatriote.

Le 25 juin dernier, après quatre ans d’attente, vous avez enfin accepté que Mme Denise Hamouri, la maman de Salah, soit reçue à l’Elysée. Pas par vous, mais par un de vos proches conseillers qui a promis une intervention de la France à cette date.

Cette tribune vise à vous rappeler vos promesses, Monsieur le Président de la République. Parce que vous avez promis de ne laisser « tomber » aucun Français victime d’arbitraire à l’étranger et « quoi qu’ils aient fait », nous attentons plus qu’une intervention ce jour-là, nous attendons la libération de Salah. Et sans aucun nouveau marchandage : il n’est pas question que ce jeune franco-palestinien n’ait plus le droit de résider à Jérusalem. Salah n’est pas coupable, il est victime d’un système injuste et inquiétant. Il a suffisamment souffert et la France a déjà assez honte. A présent, seule importe sa libération, sans concession.

 

Liste des signataires :

Noël MAMÈRE, Député-maire de Bègles ; Jean-Claude LEFORT, Député honoraire ; Monique CERISIER-BEN-GUIGA, Sénatrice représentant les Français établis hors de France ; Alima BOUMEDIENE-THIERY, Sénatrice de Paris ; Naïma CHARAÏ, Conseillère régionale d’Aquitaine et suppléante de N.Mamère ; Patrick LE HYARIC, Député européen et Directeur de l’Humanité ; Daniel COHN-BENDIT, Député européen ; Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane ; Dominique VOYNET, Sénatrice de Seine-Saint-Denis ; Jean-Claude SANDRIER, Député du Cher, Président du Groupe GDR ; Pierre COURS-SALIES, Professeur es Sociologie et Démographie-Université Paris 8 ; Kamel KABTANE, Recteur de la Mosquée de Lyon ; Marie-Christine BLANDIN, Sénatrice du Nord ; Yves COCHET, Député de Paris ; Nicole BORVO COHEN-SEAT, Sénatrice de Paris ; Michel BILLOUT, Sénateur de Seine-et-Marne ; Marie-Noëlle LIENEMANN, ancienne Ministre ; Lysiane ALEZARD, Conseillère Régionale d’Ile-de-France ; Marc DOLEZ, Député du Nord ; Jacques FATH, membre du Comité exécutif national du PCF ; Michelle DEMESSINE, Sénatrice du Nord ; Jacques MULLER, Sénateur du Haut-Rhin ; Isabelle PASQUET, Sénatrice des Bouches du Rhône ; Daniel VOGUET, Avocat à la Cour ; Michèle SIBONY, Porte-parole de l’Union Juive Française pour la Paix ; Jean DESESSARD, Sénateur de Paris ; Jack RALITE, Sénateur de la Seine-Saint-Denis ; Martine BILLARD, Députée de Paris ; Annie JARAUD-VERGNOLLE, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques ; Yvan RENAR, Sénateur du Nord ; Christiane DEMONTES, Sénatrice du Rhône ; Martine FAURE, Députée de Gironde ; Marie-Hélène AMIABLE, Députée-maire de Bagneux ; François DE RUGY, Député de Loire-Atlantique ; Albert JACQUARD, généticien, ex-membre du Comité consultatif national d’éthique ; Yasmine BOUDJENAH, ancienne Députée européenne ; Rony BRAUMAN, Médecin humanitaire ; Daniel BRUNEL, Vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France ; Alain LHOSTIS, Conseiller de Paris ; Nabil EL-HAGGAR, Universitaire ; Bernard RAVENEL, Président d’honneur de l’Association France-Palestine Solidarité ; Pierre MANSAT, Adjoint au Maire de Paris ; François ROCHEBLOINE, Député de la Loire (Nouveau Centre) ; Laurence COHEN, Conseillère régionale d’Ile de France ; Bariza KHIARI, Sénatrice de Paris ; Matthieu ROUVEYRE, Conseiller municipal de Bordeaux et Conseiller général de Gironde ; Alain VIDALIES, Député des Landes ; Henri EMMANUELLI, Député et Président du Conseil Général des Landes 

 

Les députés européens de Seine-Saint-Denis nous parlent…

 

Nos députés élus au Parlement Européen viennent de prendre leurs fonctions, nous avons souhaité connaître leurs premières impressions, remarques ou analyses. 

Nous recevons aujourd’hui Patrick Le Hyaric, du Front de Gauche.

 

 

Le prochain invité : Harlem Désir

 

 

La justice refuse d’expulser un camp de Roms à Saint-Ouen

Le tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny a rejeté lundi la demande d’expulsion des Roms qui occupent un terrain appartenant à l’Etat, sur lequel l’ONG Médecins du Monde (MDM) a installé des tentes, a-t-on appris de sources concordantes.

MDM avait dressé le 26 mai à Saint-Ouen (Saine-Saint-Denis) sept tentes d’urgence pour héberger 116 Roms, dont 41 enfants et 5 femmes enceintes, à la suite de la destruction d’un hangar qui leur servait d’habitation dans un incendie qui avait coûté la vie à un enfant de 10 ans quelques jours plus tôt à Bobigny.

Ils avaient également subi plusieurs expulsions de lieux où ils avaient tenté de trouver refuge après ce traumatisme.

La préfecture de Seine-Saint-Denis avait alors assigné en référé l’ONG devant le TGI de Bobigny pour occupation d’un terrain sous propriété de l’Etat, réclamant l’expulsion des Roms qui y campaient.

« La demande a été rejetée. La préfecture a été déboutée, le tribunal considérant que l’association Médecins du Monde ne pouvait pas être considérée comme le représentant des occupants », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, qui a requis l’anonymat.

Interrogée par l’AFP, la préfecture de Seine-Saint-Denis a déclaré que « les suites à donner à cette décision sont à l’étude ».

« Le tribunal a reconnu que MDM avait bien eu raison d’agir dans l’urgence », s’est réjoui un porte-parole de l’ONG joint par l’AFP. Pour le Dr Olivier Bernard, président de MDM, par cette décision, le juge « demande à l’Etat de s’asseoir autour d’une table avec les associations et les élus pour trouver une solution d’hébergement pérenne aux Roms ».

Les « villages d’insertion », en expérimentation depuis 2007 dans trois villes de Seine-Saint-Denis, qui accueillent essentiellement des familles Roms désireuses de chercher un emploi et de scolariser les enfants, « sont une solution efficace », avance le Dr Bernard.

Quelque 2.300 Roms sont installés en Seine-Saint-Denis, soit environ la moitié des Roms de la région Ile-de-France, selon la préfecture.

Disparition de Georges Valbon, résistant et bâtisseur

Fils d’immigrés italiens, il participa à la libération du territoire, aux portes de Paris, qui devint la Seine Saint-Denis, et dont il fut le premier président. Il est mort samedi dans sa quatre-vingt-cinquième année.

arton2747740-950ee[1]Il était une figure du communisme en Seine-Saint-Denis, qu’il a parcourue toute au long de sa vie de militant, du Bagnolet des années de jeunesse à Bobigny, où il a présidé le Conseil général dès 1968 à la création du département, jusqu’en 1993. La mort de Georges Valbon, samedi, a suscité une vive émotion dans le 93. Il fut parmi les plus importants artisans des réalisations sociales et culturelles audacieuses qui firent la fierté des collectivités gérée par les communistes. On ne peut réduire le rôle de Georges Valbon aux limites géographiques du territoire séquano-dyonisien, mais il incarnait à lui seul plusieurs caractéristiques de cette banlieue ouvrière depuis les années trente, où l’on travaillait dur, et où l’on se battait dur contre les patrons. Dans le combat de classe se forgeait la solidarité avec les travailleurs immigrés fuyant la misère, les persécutions antisémites, le fascisme ou le franquisme… La suite

Noyades à Trouville: la marée et la panique vraisemblablement en cause

La panique face à la marée montante a vraisemblablement provoqué samedi la mort par noyade de quatre personnes de nationalité ou d’origine haïtiennes sur la plage de Trouville (Calvados), selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs.

Samedi vers 15H30, un groupe de 12 à 14 personnes, venant de région parisienne pour passer la journée sur la côte, a été pris par la marée montante alors qu’il se baignait sur un secteur de la plage de Trouville non surveillée, mais pas interdite à la baignade.

Trois jeunes femmes de 19, 20 et 24 ans et un adolescent de 15 ans y ont laissé la vie, alors que deux adolescentes de 12 et 15 ans ont réchappé de justesse à la noyade. « Assez choquées », ces dernières étaient toujours hospitalisées dimanche à Lisieux, placées en observation mais hors de danger, selon le préfet du Calvados Christian Leyrit.

Un témoin a indiqué qu' »un gros courant avait dispersé le groupe et l’avait amené vers le large, à 150 ou 200 mètres de la plage », a indiqué à l’AFP une porte-parole des enquêteurs au commissariat de Deauville-Trouville.

« Ils ont essayé de nager mais la mer était forte. L’un d’eux dit qu’il avait pied (avant que la marée ne monte, ndlr) mais qu’il n’arrivait pas à nager et que l’eau est montée d’un coup », a précisé l’officier de police judiciaire.

« Une ou plusieurs vagues ont dû déstabiliser les personnes qui s’étaient éloignées très loin (du bord) et elles ont probablement paniqué », avait auparavant indiqué M. Leyrit à l’AFP.

Une version accréditée par des témoignages recueillis à Romainville (Seine-Saint-Denis), d’où était partie pour la journée le groupe de 59 paroissiens de l’Eglise évangélique du corps du Christ dont faisaient partie les quatre victimes.

Wilder, l’un des accompagnateurs du groupe qui se trouvait à 200 mètres du lieu du drame, raconte que « l’eau est montée d’un coup et ce fut la panique. Tout le monde courait dans tous les sens ». « Il y avait des grosses vagues, environ cinq d’un coup. (…) On a essayé d’aider, mais c’est allé très vite ».

« Les jeunes sont allés dans l’eau vers 14H20. Les vagues ont commencé à monter vers 14H45. Même les plus forts ne pouvaient pas résister », témoigne-t-il.

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Le groupe en difficulté a rapidement été repéré par une personne pratiquant le kite-surf qui a « sauvé deux personnes: il a donné sa planche à un homme en difficulté et avec sa voile, il a réussi à prendre en charge une jeune femme. C’est un héros! », a souligné la porte-parole de la police, en déplorant cependant que ce dernier ne se soit pas présenté à la police pour témoigner.

L’alerte a été donnée très vite et, dès 15H43, les premiers secours étaient sur les lieux, avait souligné M. Leyrit lors d’un point-presse samedi. « L’endroit où a eu lieu la noyade est sans danger », avait de son côté affirmé le maire de Trouville, Christian Cardon.

Selon l’un des premiers CRS maîtres-nageurs sauveteurs intervenu sur place, « il y avait un courant et un vent d’ouest de force 6 à 7 », assez fort au moment du drame.

Affrontements entre policiers et jeunes manifestants à Montreuil

Des centaines de jeunes ont affronté lundi soir les forces de l’ordre à Montreuil après s’être rassemblés pour protester contre ce qu’ils qualifient de « violences policières » lors de l’évacuation d’un squat mercredi dans la ville.

 

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La manifestation a débuté vers 19H00 près de la mairie de Montreuil. Une heure et demie plus tard, de nombreux jeunes, certains casqués et cagoulés, faisaient face à un important dispositif de forces de l’ordre, qu’il bombardaient à l’aide de fusées, de pétards ou de fumigènes.

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Peu avant 21H00, les gardes mobiles ont commencé à tirer des grenades lacrymogènes puis ont chargé les manifestants, qui répliquaient à coups de chaises, de pots de peinture et de projectiles divers.

Aux cris de « Police nationale, milice du capital ! » ou de « Condés, hors de nos quartiers! », les jeunes gens, dont nombre d’entre eux semblaient proches des milieux autonomes ou de l’ultra-gauche, se sont déployés dans des rues proches de la mairie.

Ils protestaient contre l’expulsion mercredi de la Demi-Lune qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un jeune réalisateur de 34 ans, Joachim Gatti ,  a été sérieusement blessé à l’œil le 8 juillet, à la suite d’un tir de flash-ball par les policiers.