Grand Paris : Michel Berson, président du conseil général de l’Essonne et Vincent Eblé, président du conseil général de Seine-et-Marne sont réticents

Pour Michel Berson, Président du Conseil général de l’Essonne, l’avant-projet de loi sur le Grand Paris n’est pas, en l’état, acceptable. Le temps où l’État, seul propriétaire et seul financeur, était le seul décideur de l’aménagement de l’Île-de-France, est définitivement révolu.Michel Berson cg 91

Il n’est pas possible de tirer un trait sur 25 années de décentralisation, marquées par l’émergence de collectivités territoriales dotées d’une forte légitimité -y compris financière-, la création des intercommunalités, et le développement de la contractualisation, notamment avec l’État.

À ce titre, si Michel Berson se félicite de la volonté de l’État de renforcer le développement économique, l’innovation technologique et l’attractivité de la métropole parisienne, il considère que rien ne peut justifier une mise à l’écart des collectivités territoriales des processus de décision, alors même qu’elles continueraient à être mises à contribution pour le financement des projets.

Comme le souligne le Président du Conseil général de l’Essonne : “ce n’est pas un excès de démocratie qui a freiné la réalisation des infrastructures nécessaires à l’amélioration des conditions de déplacement des Franciliens, mais le désengagement croissant de l’État dont les transferts de charges vers les collectivités territoriales n’ont cessé d’augmenter sans être compensés financièrement”.

En clair, si Michel Berson est prêt à dire résolument “oui” au volontarisme de l’État, il entend fermement dire “non” à toute tentative de recentralisation.Il n’est pas possible de laisser le gouvernement s’arroger des droits exorbitants en matière d’aménagement urbain, notamment à travers la mise en oeuvre de procédures de préemption et d’expropriation d’exception.

Vincent Elbe 77Pour Vincent Eblé la grande majorité des élus de l’Ile-de-France s’accordaient sur la nécessité de traiter de l’ensemble de la région, sans privilégier le centre au détriment de la grande couronne. Il a souligné combien les territoires périphériques participaient à la dynamique de la région capitale dans des domaines très variés, tels, entre autres, l’environnement, les transports ou la logistique. Faisant référence aux critiques parfois formulées contre la position des représentants des départements de la grande couronne, jugée trop défensive, il a considéré qu’elles présentaient le défaut de transposer à l’Ile-de-France un modèle de développement commun aux aires métropolitaines du reste de la France, sans prendre suffisamment en compte les spécificités de la géographie francilienne.

Estimant qu’il était nécessaire de faire évoluer la gouvernance territoriale de l’Ile-de-France,  Vincent Eblé s’est déclaré totalement opposé à la mise en place d’un couple départements / région, en raison des finalités différentes poursuivies par chacun de ces niveaux, la proximité pour les premiers et le développement stratégique pour la seconde.

Grand Paris : les 2 parlementaires PCF quittent la commission Carrez

Les deux parlementaires communistes membres de la commission Carrez chargée de proposer des pistes de financement aux investissements de transports en Ile-de-France ont décidé de la quitter en raison de la création par le gouvernement d’un établissement public industriel (EPIC) sur le Grand Paris, ont-ils annoncé jeudi.
Dans un communiqué, le député du Val-de-Marne, Pierre Gosnat et le sénateur de Seine-et-Marne, Michel Billout, estiment que la création de cet EPIC, la Société du Grand Paris, dans le cadre du projet de loi du Grand Paris « va à l’encontre des conclusions du rapport d’étape de la commission » remis au Premier ministre François Fillon en août et qui préconise un financement et une gestion des projets par la région Ile-de-France.
Le gouvernement prévoit de son côté que l’EPIC est chargé de la création, de l’aménagement et du financement des nouvelles structures. Il sera géré par l’État et « se substituera aux collectivités territoriales dans leurs politiques d’aménagement du territoire », estiment les deux parlementaire pour qui il s’agit d’une « totale contradiction avec les lois de la décentralisation et la démocratie locale ».
La commission présidée par le député UMP Gilles Carrez a préconisé notamment « un effort proportionné, équitable, entre le monde économique, les entreprises, les usagers et les contribuables ».

Le « Grand Paris » invité du Conseil Général de Seine-Saint-Denis

Après le discours du Président de la République du 29 avril dernier dessinant l’avenir de la métropole francilienne, Claude Bartolone, Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, a convié Christian Blanc, secrétaire d’Etat en charge du développement de la région capitale, à échanger sur ce sujet avec les élus du département, à l’occasion d’une séance exceptionnelle.

L’assemblée a commencé avec une minute de silence en hommage aux Séquano-Dionysiens disparus au cours des deux catastrophes aériennes récentes.

 Après les présentations et remerciements d’usage, Claude Bartolone a débuté la séance en annonçant la manière retenue pour que la séance se déroule de la meilleure façon possible :

« […] il y avait le choix entre plusieurs attitudes. Une attitude complaisante, qui aurait consisté à dire que tout va bien ou une attitude polémique, qui aurait consisté à dire que tout va mal, notamment pour les collectivités locales. Je propose aujourd’hui que nous adoptions la manière républicaine, celle qui consiste à refuser la polémique sous prétexte que nos engagements politiques divergent. La manière républicaine c’est dans le même temps celle qui exige de nous une franchise totale et l’acceptation de la confrontation des points de vue. La manière républicaine c’est enfin celle qui place nos débats sous le signe de l’essentiel : la lutte contre les inégalités, et d’abord les inégalités sociales et territoriales. » 

Ouverture de séance par Claude Bartolone (PS)

Intervention de Daniel Guiraud(PS)

Intervention de  Jacqueline Rouillon et Hérvé Bramy(PCF)

Intervention de Serge Mery(PS)

Intervention de Gilbert Roger(PS)

Intervention de Pierre Laporte(PCF)

Intervention de Ludovic Toro & Michel Teulet(UMP)

Claude Bartolone, dans un entretien exclusif pour 9Trois (2) : le PS ça redémarre !

Claude Bartolone, dans un entretien exclusif pour 9Trois (1)

9Trois : Tu as joué un rôle décisif dans le dernier congrès du Parti Socialiste, Comment vois-tu la suite ? En tant que membre important de la nouvelle équipe dirigeante, considères-tu que  la machine est en marche ? 

 

Claude Bartolone : Ca redémarre ! La preuve c’est qu’au moment où vous m’interrogez nous sommes le seul parti qui a ses listes complètes pour les élections européennes, et qui a le seul projet présenté aux Français pour leur donner notre vision de ce que doit être l’Europe anti-crise.  

J’ai l’impression que petit à petit les militants se remettent au travail parce qu’ils se rendent compte que le parti se remet à parler. Nous nous sommes exprimés sur la question du Moyen-Orient, sur laquelle le PS était silencieux depuis de nombreuses années, nous avons sorti notre plan anti-crise, à la fois pour nous opposer à la politique de Sarkozy et à la fois pour faire des propositions concrètes : une prime de 500 € pour tous les foyers qui sont aux minima sociaux, une augmentation massive du SMIC, nous nous sommes exprimés sur la question des collectivités locales quant Sarkozy, au travers de la commission Balladur, a voulu comme le dit Mauroy reprendre le pouvoir sur les collectivités locales…  

Nous sommes en train de remettre ce parti au travail, et lorsque je vois comment nous avons été accueillis, notamment au cours des deux dernières grandes manifestations qui se sont déroulées à Paris, lorsque j’entendais ces salariés qui disaient « enfin le parti socialiste est de retour », lorsque je les voyais venir affirmer leur soutien à Martine Aubry… Je pense que nous sommes en train de retrouver cette force qui nous permettra de jouer le rôle qui est le nôtre pour pouvoir fédérer la gauche et préparer dans de bonnes conditions les élections régionales prochaines, cantonales, présidentielles et législatives. 

Surtout je pense que nous sommes en train de retrouver la force pour présenter aux Français un projet politique, nous ne gagnerons pas la prochaine élection présidentielle simplement en donnant l’impression d’essayer de bricoler un front anti-Sarkozy ; nous gagnerons la prochaine élection présidentielle en montrant que le parti socialiste a un projet, qui est capable de rassembler ses militants, qui est capable sur le partage des richesses, sur la vision économique et sociale, sur la question environnementale, de montrer aux Français que nous avons une vision de la société différente de celle qui est actuellement portée par Sarkozy et les libéraux, et que sur cette base là on peut rassembler les socialistes, on peut rassembler la gauche, et donner envie à tous les démocrates qui se sentent concernés par ce projet politique de mener bataille ensemble. 

 

 

9Trois : Harlem Désir, tête de liste PS pour les Européennes en Ile de France, a commencé sa campagne par notre département, nous avions couvert l’événement, tu y étais avec d’autres amis, plein d’enthousiasme et de ferveur ! Cette ferveur et cette mobilisation ne se retrouvent pas au niveau national, ni chez les autres candidats ni dans les médias, et encore moins dans la société civile… Comment analyses-tu ce fait ? 

 

Claude Bartolone : J’ai regardé à quel moment la campagne avait démarré il y a cinq ans, je m’occupais de la communication du PS à l’époque, je signais le billet dans le journal Socialiste pour dire « C’est parti » le 11 mai… C’est toujours une campagne très courte !  

Dans le même temps, je vois bien ce que peut être la tentation de Sarkozy : éviter qu’il y ait une trop grosse mobilisation sur cette élection. Parce que, quelles que soient les déclarations de l’UMP, les Français vont voter pour une vision ou une autre de l’Europe, nous nous leur disons maintenant l’Europe et notamment l’Europe sociale, mais dans le même temps ils vont voter dans un contexte, Sarkozy sait très bien que si les habitants de nos quartiers populaires, de nos villes populaires, vont voter, ils ne vont pas le faire pour la bande Sarkozy-Barroso-Berlusconi parce qu’ils savent très bien que ce qu’ils subissent en France actuellement, c’est la même chose que ce que propose l’Europe de Barroso actuellement ! Il va donc falloir surveiller, je pense que le pouvoir va tout faire pour que cette élection soit presque invisible, pour qu’elle connaisse le plus grand taux d’abstention possible, afin d’éviter qu’on puisse en tirer des leçons politiques.  

C’est à nous, socialistes, de commencer à faire campagne, de commencer à coller des affiches, distribuer des tracts, faire du porte-à-porte, parler de cette campagne, pour que les Français puissent aller voter et dire à la fois à Sarkozy et à Barroso ce qu’ils pensent d’eux ! Les socialistes, nous ferons notre travail, et toutes les forces de gauche doivent le faire !

 

 

 

Fusion des départements 92, 93 et 94 ?

AFP
Le comité de réflexion Balladur sur la réforme territoriale va proposer notamment de « fusionner » Paris et les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) pour faire un Grand Paris à l’horizon 2014, a-t-on appris aujourd’hui de sources régionales.

Le président du conseil Régional d’Ile-de-France élu en 2010 verrait son mandat raccourci à quatre ans, a-t-on indiqué de mêmes sources.

Seraient élus en 2014 des conseillers territoriaux qui seraient pour certains à la fois conseillers régionaux et conseillers généraux.

Le grand département de Paris aurait les compétences des quatre conseils généraux actuels et des communautés d’agglomération de la région parisienne comme Plaine Commune, lesquelles disparaîtraient. Ce ne serait pas pour autant un rétablissement de l’ancien département de la Seine. Un certain nombre de communes ne faisant pas partie des départements 92 93 et 94 pourraient adhérer si elles le souhaitaient au Grand Paris. Le président du futur Grand Paris serait élu au suffrage indirect par environ 150 conseillers territoriaux.