Quartiers sensibles au théâtre

Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, bonsoir ! Nous sommes maintenant en 1536. A cette époque, le cocktail mondialisation et intégrisme porte un autre nom : empire et papauté. » Nous sommes au théâtre, dans un quartier déshérité d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. La pièce, c’est Lorenzaccio, d’Alfred de Musset. Pour nous retrouver là, il avait fallu prendre une rue tranquille, au bout de laquelle une discrète pancarte écrite à la main signalait que nous étions bien arrivé : « Théâtre permanent », y est-il inscrit. Même chose sur la large banderole, style manif, barrant la porte d’entrée.

C’est là, aux Laboratoires d’Aubervilliers, rue Lécuyer, que le metteur en scène Gwenaël Morin, 39 ans, accompagné de cinq comédiens, s’est installé depuis le 1er janvier pour un pari inédit : s’installer pendant un an dans ce quartier Villette-Quatre-Chemins, classé en zone urbaine sensible, et y jouer tous les soirs ou presque, gratuitement, six pièces de théâtre du répertoire…   La suite